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Alternative n°1

ADRCP — Association de Défense des Riverains et Commerçants de Perly-Certoux

Le projet actuel poursuit un objectif que nous partageons pleinement : favoriser le report modal et offrir une alternative crédible à la voiture individuelle.

C’est précisément pour cette raison que Genève investit depuis plusieurs années dans le développement du tram et dans la création de parkings-relais (P+R) en France voisine.

Ces investissements sont importants. Ils traduisent une volonté politique claire : permettre aux automobilistes de laisser leur voiture avant d’entrer à Genève et de poursuivre leur trajet en transports publics.

Pourtant, dans le même temps, le projet prévoit la construction d’une nouvelle route de desserte sur plus de 40 000 m² de terres agricoles genevoises.

Autrement dit, la Suisse investit massivement pour favoriser le report modal sur le territoire français… tout en détruisant définitivement des terres agricoles sur son propre territoire afin de construire une infrastructure routière destinée à absorber une grande partie du trafic automobile.

C’est cette contradiction que nous souhaitons mettre en lumière.

Notre opposition ne porte pas sur le tram. Au contraire, nous sommes convaincus que son développement est indispensable. Mais nous pensons que les moyens choisis aujourd’hui ne sont pas cohérents avec l’objectif poursuivi.

Construire une nouvelle route pour accompagner une politique de report modal revient à envoyer deux signaux contradictoires : d’un côté, on encourage l’utilisation des transports publics ; de l’autre, on continue à faciliter l’accès en voiture jusqu’au cœur de Genève.

Nous proposons une autre approche.

Le transit automobile peut être maintenu sur la route de Saint-Julien, en cohabitation avec le tram, plutôt que d’être déplacé sur une nouvelle route de desserte construite sur des terres agricoles. Mais surtout, nous pensons qu’il faut agir sur la véritable cause du problème : les conditions qui rendent aujourd’hui encore l’utilisation de la voiture plus avantageuse que les transports publics.

En réduisant progressivement les places de stationnement autour des principaux pôles d’emploi, les investissements déjà réalisés dans les P+R et le tram prennent enfin tout leur sens.

Les automobilistes continueraient naturellement à utiliser leur voiture sur le territoire français. En revanche, une fois arrivés à proximité de Genève, rejoindre leur lieu de travail en voiture deviendrait progressivement plus contraignant, faute de places de stationnement disponibles autour des grands pôles d’emploi.

Dans le même temps, une alternative simple et efficace existerait déjà : laisser son véhicule dans un P+R situé en France, puis rejoindre directement son lieu de travail grâce au tram.

C’est précisément cette combinaison qui permettrait d’obtenir un véritable report modal : la voiture resterait utilisée là où elle est pertinente, mais les déplacements vers Genève s’effectueraient majoritairement en transports publics.

Cette approche est cohérente avec les investissements déjà engagés. Elle renforce leur efficacité au lieu de les contredire.

Notre conviction est simple : si l’objectif est réellement de réduire durablement le trafic automobile entrant à Genève, alors il faut rendre les transports publics plus attractifs que la voiture, plutôt que de construire une nouvelle route qui continuera naturellement à accueillir une grande partie du trafic automobile.

Le véritable report modal ne consiste pas seulement à construire un tram. Il consiste à créer les conditions qui amènent progressivement les automobilistes à le choisir.

C’est cette cohérence que nous défendons.

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